Une carte de l’archipel, en chêne et en résine !

Dans les épisodes précédents, nos petits collégiens sont allés sur la mer en compagnie du Parc Naturel Marin d’Iroise, afin de connaître un peu mieux leur environnement.

Phoques et cormorans, lors de notre sortie

Suite à cette épopée, des pages Internet ont été créées par les enfants, dans le but de réaliser une carte « enrichie » de l’archipel de Molène : la carte serait réalisée en chêne et en résine bi-composant, et équipée de QR-Codes permettant au public de consulter du contenu rédigé par les enfants.

Le planning a été très bousculé du fait du Covid (forcément) mais nous avons réussi à finaliser le projet en juin 2021, juste avant la sortie des classes. L’article est donc un peu réchauffé mais… le temps passe trop vite 🙂

Numérisation des îles et cailloux de l’archipel

Pour faire une belle maquette à l’échelle, il faut une belle carte. En utilisant les cartes du SHOM disponibles sur Internet, on peut obtenir une version numérique très propre des cartes papier, dont le niveau de détail dépend du zoom appliqué sur le site Internet.

Capture d’une carte du SHOM

Ensuite vient la partie pénible du travail :

  • éliminer les cailloux trop petits ou insignifiants
  • retracer les contours des îlots et autres cailloux dans un logiciel de conception 3D
  • transformer la carte en plan d’usinage pour la fraiseuse à commandes numériques

Afin de faciliter l’usinage, nous avons retenu plusieurs zones indépendantes :

  • Bannec
  • Balannec
  • Molène
  • Trielen
  • Quemenes
  • Beniguet
  • la chaussée des Pierres Noires

Chacune de ces zones sera usinée sur une pièce de bois. Il nous faudra ensuite repositionner toutes ces pièces le plus précisément possible afin de garder une carte la plus proche possible du réel.

Dégrossi d’usinage

Grâce à notre logiciel de conception 3D, nous allons pouvoir créer un « plan d’usinage », c’est-à-dire un ensemble d’instructions permettant à notre fraiseuse de reproduire les îlots de Molène.

C’est ici que commencent les compromis : si nous voulons être le plus fidèles possibles à la réalité, il nous faut utiliser des fraises très petites (bonjour le dentiste :)), mais ces fraises sont très fragiles, et nous usinons du chêne qui est un bois dur… il y a donc risque de casse.

La fraiseuse à commande numérique en action !

À l’inverse, utiliser des fraises plus grosses permet de gagner énormément de temps à l’usinage mais pourrait nous obliger à supprimer nombre de cailloux emblématiques collés aux îlots !

Au final, nous décidons de la taille de fraise la plus appropriée, et nous usinons les contours extérieurs des îlots et des cailloux.

Quemenes, son Ledenez, Litiri et Morgol
Bannec et ses cailloux

Nos petits collégiens participent à l’usinage, bruyant et poussiéreux…

Raffinement des usinages

Nous obtenons une plaque de chêne par zone, qu’il va maintenant falloir dégrossir. Pourquoi ne pas avoir tout usiné à la CNC, vous demandez-vous ? Tout simplement parce que l’usinage aurait été beaucoup trop long, avec de toutes petites fraises 🙂

Pour l’étape qui vient, nous utilisons une scie à chantourner (ou scie pendulaire) qui va nous permettre de découper finement les contours de chaque zone.

Attention les doigts !

Pour les petites zones enclavées entre les cailloux, retour à la CNC en mode « manuel » avec une fraise un peu plus grosse (ne faites pas ça chez vous). Vous vous souvenez de la photo de Bannec, en sortie de fraiseuse ? Voilà ce que ça devient.

Bannec et ses cailloux, dépouillés du bois superflu

On voit le bout, et on commence à se dire que le résultat final pourrait être tout à fait regardable !

Préparation du moule

Nous avons décidé que la maquette ferait 1m x 1m, et qu’elle couvrirait la mer d’Iroise de Kéréon aux Pierres Noires, approximativement. À l’aide de contreplaqué et de tasseaux, nous préparons donc un moule dont nous allons scotcher le fond et jointer les arêtes, afin que la résine n’adhère pas trop au support, et qu’elle ne coule pas entre le fond et les bords.

LE moule, en attente de coulage

Nous marquons ensuite des points-clés correspondant à deux éléments remarquables de chaque zone, suffisamment éloignés les uns des autres, grâce à la carte du SHOM.

Traçage de l’emplacement des points-clés

Ces points-clés nous permettent de disposer les îlots le plus précisément possible ! Nous lestons enfin les îlots afin qu’ils ne bougent pas lorsque nous coulerons la résine.

Les îlots lestés, dont les Pierres Noires, bancales…

Il ne reste plus qu’à préparer la résine et à croiser les doigts.

Préparation de la résine

La résine bi-composant que nous avons employée est un produit classique : deux bidons à mélanger dans des proportions données, avec coloration par pigment métallique, comme le montre la photo ci-dessous.

Et surtout, on se protège les mains et les yeux !

Si vous souhaitez utiliser ce genre de résine (les « river tables » sont très à la mode), il convient toutefois de prendre quelques précautions :

  • stocker les bidons dans un endroit tempéré, sinon la résine cristallise
  • ne pas agiter violemment, sinon des bulles se forment
  • se protéger les mains et les yeux

Une fois ces précautions prises, ou après avoir sauvé les meubles selon le cas, nous avons enfin pu couler la maquette et voir nos pièces de chêne devenir de jolis îlots.

Le coulage, intense moment d’émotion

Les « courants » que vous voyez sur la résine se forment naturellement lors du coulage. Ils résultent de la manière dont le pigment a été mélangé, dont la résine a été répandue, etc. Il est également possible de jouer avec la résine fraîchement coulée afin de tenter de rajouter des motifs.

Entre séchage et démoulage

Après séchage, nous sommes satisfaits du rendu, mais il reste encore du travail ! Avant toute chose il faut démouler la maquette sans la casser…

Dernières étapes d’usinage

La maquette est déjà jolie, mais les îlots dépassent beaucoup trop au-dessus de la mer, ce qui n’est pas représentatif de la réalité. Nous dégainons alors la défonceuse et quelques cales en contreplaqué, et commençons à réusiner les îlots, en croisant les doigts bien fort pour ne rien gâcher.

Beniguet en cours d’amincissement

Cette phase se déroule curieusement bien, un sacré soulagement après les difficultés rencontrées auparavant.

Bannec, à mi-travail

Sitôt la défonceuse posée, nous protégeons les îlots à l’aide de vitrificateur, ce qui redonne une jolie couleur au chêne fraîchement usiné.

C’est grand, et beau !

Mise en place des QR-Codes

Le but initial du projet étant de matérialiser la visite commentée de l’archipel, nous avons enfin pu mettre en place des marques « à la Google Maps », embouties à la machine de découpe manuelle, sur lesquelles ont été imprimés des QR-Code pointant vers le contenu multimédia créé par les élèves du collège.

Vous pouvez d’ailleurs visualiser les contenus en cliquant sur ce lien.

Où voir ce chef-d’oeuvre ?

La maquette a été dévoilée sur l’île aux Moines lors du dernier festival « Insulaires ! ». Elle sera prochainement exposée à la maison de l’environnement, à Molène.

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